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D'un
Bleu Turquoise (6ème
épisode)
La
fleur qui s'épanouit le fait-elle uniquement par impératif
biologique ? Ou est-ce sa manière à elle de s'offrir
? Fait-elle don d'elle-même à l'Essence Universelle?
Ses couleurs d'apparat ne sont-elles pas autant de mots exprimés
dont la poésie et la musicalité se répercutent
sur nos cordes sensibles, dans un subtil effleurement? L'attirance
éprouvée pour la beauté qui s'échappe
de cette fleur, tel un dédoublement de sa personnalité,
ne doit-elle pas sa force génératrice à l'Amour
? L'Amour, aussi tangible qu'il se puisse être, avec à
la fois ses complexités psychologiques et sa simplicité
cardinale ?
Une association naturelle de pensées alliait inéluctablement
à toute source de beauté telle cette fleur-là
que je contemplais et admirais, l'image d'Ayana que rien ne venait
altérer ; il est vrai que cette image était désormais
multidimensionnelle et transposait en filigrane la forme luminescente
qui m'avait visité
Femme ! Cette image faisait également
transparaître le lot associatif et identificateur d'autres
formes et images évoquées, tel un film, par la forme
luminescente dans sa magistrale leçon enseignée. Innombrables
en vérité étaient ces images, mature et sereine
ma connexion avec Ayana.
Revenu
à mon état de veille complète, mes orientations
désormais marquées et raffermies, je disposais dès
lors d'une clef qui me permettait de changer la Réalité.
Il ne s'agissait nullement de fuir le vécu, mais bien au
contraire de l'embrasser corps et âme et ensuite de le transcender
pour vivre une Actualité englobante et ravigotante. Un continuum
entre l'état de rêve et celui de veille permettait
un enrichissement de mon existence, le summum bonum de la faculté
de vivre. Une barrière de taille s'effondrait.
L'Etre
au-dedans de ce corps mien, exerçait enfin ses prérogatives,
libre, épanoui, passionné, amoureux de la vie
amant
et ami. Un sceptre à la main, celui de Vénus et un
médaillon au cou, sceau d'Aphrodite, un disciple de l'Amour
et de la Vie était né.
Des
incursions dans d'autres Réalités suivirent, d'abord
inconscientes
Je
fus conduit dans un long couloir dont les murs, anciens de plusieurs
siècles, portaient dans leurs vibrations, l'empreinte aurique
d'illustres personnages d'un lointain passé. Faisant partie
d'un groupe de sept candidats, je partais dans un voyage, à
la découverte des mystères. Nous étions accompagnés
par des " aînés " déjà exercés
à ces mystères, qui nous servaient à la fois
de guides et de conseillers.
Notre chemin tout au long était éclairé par
des torches le long des murs. Une certaine excitation habitait chacun
de nous. Notre procession, paisible et solennelle, à la hauteur
de l'importance que nos guides attachaient à notre présence
en ces lieux secrets, avançait.
Nous arrivâmes bientôt dans une très grande cour
de forme hexagonale, à ciel ouvert. De grandes plantes vertes
décoraient très agréablement les lieux. Une
douce musique dont la source était discrète s'échappait
des murs de cette cour. La musique, d'un genre difficile à
cadrer, n'était ni purement Celtique, ni Africainement incantatoire
ou même complètement de psalmodie Arabe ou d'enchantement
Oriental. Elle était un peu tout cela à la fois.
Au milieu de la cour se trouvait une très grande nappe d'eau,
une sorte de piscine avec des marches descendantes y pénétrant.
Nous devions suivre ces marches et progressivement, entrer dans
la piscine. Il nous fut donné des instructions sur la manière
appropriée de maîtriser notre peur de la suffocation
et de la noyade. Nous avancâmes en rang, les mains jointes,
en parfait état de calme. L'eau nous engloutissait au fur
et a mesure de notre descente. Lorsqu'elle fut à hauteur
de ma poitrine, je me rendis compte que tous ceux qui étaient
avant moi, avec en chef de file l'un de nos guides, avaient tout
simplement et sans panique aucune, pénétré
les eaux et à présent
y marchaient, dans une immersion totale. Je fis confiance à
mes instincts et m'abandonnai à l'Elément. Je descendis
à mon tour, les dernières marches et le flasque Elément
commença à engloutir mes épaules
mon cou
ma
bouche
mes narines. Curieusement, je m'aperçus que
je pouvais respirer sans difficulté aucune.
Une
intense lumière nous accueillit dans une autre grande salle
qui était en fait un Temple ancien. Tout ici était
joliment éclairé
avec une merveilleuse combinaison
de tons et demi-tons en parfaite harmonie. Tout était dans
des tons bleus
bleuâtre
bleu-mille-et-une-fois-nuancé
d'un
bleu verdâtre
d'un bleu empourpré
d'un bleu
turquoise
(A
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)
Jean-Pierre
Simons
© 2003
Note: Les
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