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D'un
Bleu Turquoise (7ème
épisode)
Cette
ambiance bleutée me mettait de suite dans mon élément
étant donnée mon attirance naturelle pour la couleur
dans tous ses tons. Je me demandais cependant si cette réjouissance
intérieure, mienne, était vécue de la même
façon par les autres candidats à cette expérience
insolite. Je me mis à penser que mes compagnons voyaient
sans doute des couleurs différentes, en raison de leur harmonie
intérieure avec telle ou telle autre couleur du spectre.
Aucune réponse contraire à ma pensée ne vint
à moi, ce qui me fit conclure qu'en toute probabilité,
mon intuition avait imprimé avec fidélité,
dans mon esprit, la bonne hypothèse.
Je dois
ici révéler que l'on nous avait prévenu de
cette belle faculté de la connaissance par osmose qui serait
notre partage pendant notre séjour dans ces lieux célestes.
Ainsi, la gnose nous serait communiquée par résonance
intérieure. Si cependant, un raisonnement entretenu était
incorrect, ou justifiait un ajustement, la correction nous était
livrée intérieurement, sans qu'aucun mot fût
prononcé. C'est pourquoi, je m'empressai de conclure, que
ma pensée à propos de la relativité de perception
des couleurs était ipso facto juste.
Ce Temple
était vibrant, immédiate évidence de ses lieux
rendus saints par des cérémonies semblables à
celle laquelle j'avais privilège d'assister, et très
vraisemblablement, par d'autres, portant un sceau plus révérencieux.
Des effluves, d'un mélange à première vue,
gazeux s'échappaient des vases de forme ovale, situés
à différents endroits des lieux. Il s'en dégageait
un étrange mélange d'essences diverses dont l'arôme
ne m'était aucunement familier. Le caractère
nouveau de ces essences n'enlevait en rien au bien-être général
auquel je me laissais déjà bercer, émois de
mon âme en étant témoins sûrs. Il faut
dire que l'objectif et le subjectif, étaient déjà
depuis mon entrée en ces lieux, des notions de pure convenance
et ne pouvaient en aucun cas servir de mesure à la densité
vibratoire de ce véritable Eden, ni même tenter de
promouvoir un semblant de point de repère.
Des quatre points cardinaux du Temple, se trouvaient des stations
avec sur chacune d'elles un ou plusieurs officiants, portant tous
un voile sur la tête, et tous habillés de manière
à conférer à cette cérémonie,
son caractère inhabituel
L'on me conduisit devant l'une
des stations où je devais me trouver en face de la Grande
Prêtresse du Temple qui officiait elle-même, nous avait-on
laissé entendre auparavant. Des choses furent dites et entendues.
Des chants angéliques entonnés et des réponses
données. Tout ce qui contribuerait à rendre mon expérience
" bleutée ", la plus intense était de la
partie. Tout y était ; tout, y compris ce sourire, déjà
depuis longtemps gravé en moi, et que, Ô Grand Dieu!
Je retrouvais en ces lieux.
Le voile de la Grande Prêtresse m'avait laissé deviner
un visage par trop familier, et le sourire qui me fut offert par
la suite, alors qu'elle levait son voile et me regardait droit dans
les yeux, fit le reste
Je ne fus qu'à moitié
surpris découvrir qui se dévoilait à moi, en
ces lieux. Tant de beauté et de sérénité,
tant de joie intense, intense au point de presque paralyser, tant
d'harmonie
dans mon ambiance bleutée
d'un bleu turquoise, n'aurait
assurément pu être complète, sans la présence
de celle qui, la cérémonie terminée pour moi,
devait personnellement m'accompagner dans l'antichambre contiguë
au Temple. Je fus confié avec grands soins à la gardienne
de cette antichambre.
J'eus
une intense envie de projeter dans des mots, certaines des choses
ressenties du moment. L'humain réclamait l'exercice de ses
prérogatives ; simples et nécessaires. Le mur en face
de moi, bleuté lui aussi, me servit de papyrus sur lequel
mes mots pensés se précipitèrent
Un poème
me vint :
"
M'immergeant dans les eaux bleues,
Insouciant de leur profondeur ;
Prenant refuge dans les replis de mon âme,
Félicité ma seule lampe portée,
Le continuum Eternel, en moi brilla.
Debout a l'autel de ce Temple,
Familier a mes yeux et autres sens,
Attendait un Etre Parfait, souriant.
L'Amour à travers siècles
Tissa entre nous, cordon d'argent.
Pacte vocal fit ajout d'enchantement.
Me tenant là, la regardant intensément,
Invité, je fus, d'un geste gracieux
Disciple et Maître, alternativement,
En quête de la réalisation du Soi,
Nos rôles respectifs à l'autel, avions assumés.
Aimer
et Etre, Chérir
cependant laisser partir
;
Silencieuse influence de mortelle nature, nôtre,
A nos curs avait infusé tant d'attachement
Attachement pour l'un, l'autre, profond désir.
Vint un moment solennel.
Mes yeux dans les siens, un mot prononcé
le Verbe.
Un écho en mon âme propagea en mille ondes,
Un vibrato de " Mon bien-aimé Amour "
Elle m'initia au Degré nième
Ajoutant tissure au cordon.
Je t'aime
Je t'aime, Ô mon Amour, murmurai-je.
Un rayon pourpre jaillit
Suivi d'une dualité de jaune et de bleu.
L'un avec l'autre
Pour toujours
Ô mon cher Amour
dis-je. "
(A
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)
Jean-Pierre
Simons
© 2003
Note:
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